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À propos de la sclérose en plaques
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Prise en charge des symptômes de la SP
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Douleur

Environ 50 pour cent des personnes atteintes de SP éprouveront de la douleur associée à cette maladie à un moment ou à un autre. La douleur associée à la SP peut être traitée : il faut tout d’abord déterminer le type de douleur dont il s’agit, puis faire preuve de persévérance pour trouver le médicament qui sera le plus efficace et établir la dose optimale à administrer. L’intervention d’une équipe multidisciplinaire est souvent nécessaire, et on peut même avoir à s’orienter vers une clinique de la douleur, si la douleur est intense. La douleur associée à la SP se présente sous diverses formes :

» Douleur dorsale et articulaire 

Elle survient subitement ou de manière intermittente, mais peut aussi être chronique (c’est-à-dire ressentie en permanence). La faiblesse musculaire, la spasticité et les troubles de l’équilibre peuvent conduire les personnes en proie à de telles douleurs à adopter une démarche boiteuse, laquelle accentue l’usure des articulations et alourdit le travail des muscles du dos, déjà très sollicités pour tenter de contrebalancer la faiblesse d’autres groupes musculaires. L’affaiblissement des muscles du tronc, qui se traduit par l’adoption d’une mauvaise position assise, peut lui aussi provoquer des douleurs dorsales.

La douleur dorsale chronique associée à la SP peut être imputable à la formation de lésions de démyélinisation dans la moelle épinière ou à de l’ostéoporose. Comme pour tous les types de douleurs, il faut commencer par rechercher la cause de la douleur dorsale chronique et écarter la possibilité qu’elle soit attribuable à d’autres maladies que la SP (discopathie dégénérative ou hernie discale). Le traitement de première intention consiste à corriger la démarche; on peut aussi envisager le recours à des aides à la locomotion, comme une canne. Soulignons que le traitement de la douleur doit cibler la cause de celle-ci pour que le soulagement ressenti soit durable.

» Dysesthésie aux extrémités

C’est l’un des principaux types de douleur associée de la SP. La dysesthésie survient chez les personnes n’ayant guère d'incapacités et se manifeste habituellement par une douleur à type de brûlure persistante siégeant dans les jambes, les pieds, les bras ou le torse, ou plusieurs de ces régions. Elle peut aussi se traduire par des picotements, des fourmillements, une sensation d’oppression ou une douleur sourde, ou même donner l’impression qu’un étau se resserre autour du torse. La dysesthésie, que l’on dit tenace, est généralement d’intensité modérée. Bien souvent, elle empire la nuit ou après l’effort, et peut être très sensible aux variations de température. Toutes les douleurs chroniques sont épuisantes et perturbent le sommeil, et la dysesthésie ne fait pas exception à la règle. Pour ce qui est du traitement, il peut être utile d’administrer en première intention un antidépresseur tricyclique ou une dose suffisante de gabapentine. On peut aussi employer des anticonvulsivants, notamment la carbamazépine et la phénytoïne. Dans la plupart des cas, la dysesthésie peut être traitée, mais il faut s’attendre à devoir faire l’essai de plusieurs traitements avant de trouver celui qui sera le plus efficace.

» Névralgie du trijumeau

Cette douleur aiguë et fulgurante touche un côté, voire les deux côtés du visage, et disparaît au bout de quelques secondes ou de quelques minutes. Dans certains cas, elle survient lorsqu’on stimule une zone « gâchette » du visage. Chez l’adulte de moins de 45 ans, elle évoque fortement la SP. Elle est causée par la démyélinisation des fibres trigéminales situées dans le tronc cérébral. N’importe quel mouvement du visage ou le simple fait de mâcher, de sourire ou d’effleurer le visage suffisent à la déclencher ou à l’exacerber. Elle peut s’accompagner d’un engourdissement des contours du visage. Comme elle peut être localisée autour de l’œil ou derrière l’œil, on la confond parfois avec la névrite optique. La névralgie du trijumeau est 400 fois plus fréquente chez les personnes atteintes de SP – elle touche 2 pour cent d’entre elles – que dans le reste de la population. Parmi les stratégies de prise en charge de ce type de douleur, on compte le traitement par des anticonvulsivants. La carbamazépine est l’agent qui s’est révélé le plus efficace dans ce cas, mais la phénytoïne, la gabapentine et le valproate conviennent aussi. C’est parce que cette douleur survient de manière sporadique que les analgésiques la traitent moins efficacement que les anticonvulsivants. Les personnes qui en souffrent ont beaucoup de mal à manger normalement et doivent donc faire attention à leur alimentation.

» Douleur faciale épisodique 

Il s’agit d’une douleur à type de brûlure ou d’une douleur sourde, persistante ou tenace, qui résiste aux analgésiques. Là encore, le traitement de prédilection est habituellement la carbamazépine. Les personnes qui ont de ce type de douleur sont incapables de supporter le fait de mâcher leurs aliments, il faut donc surveiller étroitement leur état nutritionnel.

» Douleur paroxystique; douleur neuropathique

Elles se manifestent par une sensation de brûlure, des démangeaisons, une douleur persistante ou la sensation d’être pris dans un étau, et leur durée varie de quelques secondes à plusieurs minutes. De nature épisodique, elles peuvent toucher n’importe quelle région du corps, y compris l’aine, mais se limitent le plus souvent aux extrémités. Elles ne sont aucunement liées à la gravité des incapacités. Les médicaments qui soulagent le plus efficacement ce type de douleurs sont l’amitriptyline, le clonazépam, le diazépam et la gabapentine. Cependant, comme certains d’entre eux peuvent avoir des effets sédatifs, il faut se montrer prudent lorsqu’on les administre aux personnes qui sont en proie à une fatigue intense liée à la SP. Parfois, le fait d’appliquer quelque chose de chaud ou de froid sur la région douloureuse procure un soulagement.

» Spasmes

Les spasmes douloureux des jambes se caractérisent par des crampes ou des élongations des muscles fléchisseurs et extenseurs. Ils surviennent généralement chez les personnes qui ont de fortes incapacités et des muscles flasques et affaiblis. Bien souvent, ils sont exacerbés par les irritations de la peau (lésions ou ulcères cutanés), les infections des voies urinaires, le fait que la vessie est pleine, la constipation, ou même par un simple effleurement des membres atteints. Le traitement médicamenteux des spasmes est le même que celui de la spasticité. Dans des cas extrêmes, on peut envisager les injections de toxine botulinique; cela dit, les doses qu’il faut administrer pour atténuer les spasmes qui secouent des groupes musculaires aussi imposants que ceux des jambes risquent d’être supérieures aux doses maximales recommandées. L’administration de baclofène par voie intrathécale, c'est-à-dire l’administration continue d’une faible dose de baclofène dans le canal rachidien au moyen d’une pompe, donne de bons résultats, d’autant plus que ce mode d’administration réduit au minimum les effets sédatifs et les autres effets indésirables de ce médicament. Soulignons toutefois que ce type de traitement est coûteux, et que les modalités de remboursement varient selon les provinces et les régimes d’assurance.

On sait que les irritations de la peau peuvent déclencher des spasmes; or, les spasmes eux-mêmes viennent compliquer les soins corporels. C’est pourquoi les personnes qui en ont doivent faire très attention à leur hygiène corporelle et prendre soin de leur peau pour éviter de tomber dans ce cercle vicieux.

» Crises toniques

Elles surviennent chez environ 17 pour cent des personnes atteintes de SP à un moment ou à un autre au cours de la maladie. Contrairement à la crise convulsive typique, la crise tonique n’est associée ni à une perte de conscience ni à des modifications de l’EEG. Elle est caractérisée par des secousses, des crampes et des spasmes (fasciculations) brefs et unilatéraux des muscles des membres, qui sont précédés et accompagnés de douleurs, de picotements ou d'une sensation de brûlure intenses et irradiants. Ces symptômes peuvent être provoqués par un effleurement ou par le mouvement, ou survenir spontanément. En général, la carbamazépine se révèle efficace pour maîtriser ce type de crises.

» Céphalées

On n’a pas encore réussi à bien caractériser le lien qui existe entre les maux de tête et la SP; on a cependant remarqué que les céphalées apparaissaient en cas d’exacerbation des symptômes de SP. Elles peuvent être notamment associées aux symptômes suivants : névrite optique, tension, spasmes des muscles de la nuque, ou même fatigue et dépression. Le traitement des céphalées est dicté par leur cause.

Principaux professionnels de la santé
Médecin de famille, personnel infirmier, neurologue, ergothérapeute, physiothérapeute, personnel des cliniques de la douleur.

Prise en charge des symptômes
Il est extrêmement important de déterminer la cause de la douleur, puisque c’est elle qui permettra de cibler les stratégies thérapeutiques non médicamenteuses qui pourraient être indiquées.

Autres ressources  
Profiter du moment présent : soulager la douleur associée à la SP
Publication de la Société canadienne de la SP.

Réponses SP Site Web de la Société canadienne de la SP qui contient de l’information sur des sujets variés, fournie par des spécialistes nord-américains aux domaines d’expertise divers en réponse aux questions posées par des personnes atteintes de SP.

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