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Médecine complémentaire et parallèle (MCP)

Photo of a father and son outside in the parkLes personnes atteintes de SP peuvent choisir de se tourner vers la médecine complémentaire et parallèle (MCP) afin de soulager les effets de la sclérose en plaques. Ce type de médecine propose un vaste éventail d’approches, dont l’utilisation de produits de santé naturels, de plantes médicinales, de produits homéopathiques et de vitamines, l’acupuncture, la massothérapie, la méditation et la prière.

Généralement, une pratique est dite « complémentaire » lorsqu’elle est utilisée en complément aux traitements de la médecine classique, tandis qu’elle est dite « parallèle » si la personne recourt seulement à cette approche de soins de santé.

Le Réseau canadien de la santé, site Web de l’Agence de santé publique du Canada, estime que la moitié des Canadiens utilise certaines approches de la médecine complémentaire et parallèle dans la recherche d’un mieux-être. Au pays, plusieurs cliniques de SP ont rapporté que près de 70 pour cent de leurs patients recourent à une forme de médecine complémentaire ou parallèle, mais les types de thérapies utilisées sont très diversifiés, et les patients passent souvent de l’un à l’autre.

En raison de l’utilisation répandue de la MCP, du risque associé à certaines d’entre elles et des réactions indésirables ou involontaires causées par une association de traitements, il est important pour les personnes atteintes de SP d’aviser tous leurs professionnels de la santé qu’elles utilisent d’autres médicaments ou produits en même temps que les traitements qui leur sont prescrits. Ces autres produits comprennent également les médicaments vendus sans ordonnance comme les analgésiques et les médicaments contre le rhume et la congestion nasale.

De plus, des effets secondaires peuvent survenir, peu importe le type de médicament utilisé, y compris les produits de phytothérapie (à base de plantes médicinales) et les produits de santé naturels. Il faut souligner toutefois que le fait de provenir d’une source naturelle ne garantit pas l’innocuité du produit. Lorsque vous envisagez le recours à une thérapie complémentaire ou parallèle, vous devez vérifier les points suivants :

  • Pour quel(s) trouble(s) est-elle recommandée?
  • Quels sont les bienfaits attendus?
  • Existe-t-il des risques ou des effets secondaires connus liés à son utilisation?
  • Quelle quantité est recommandée, par qui et selon quelle source?
  • Est-ce que les personnes atteintes de certains troubles ou maladies (comme la SP) devraient éviter d’utiliser ce produit?
  • Combien coûte-t-elle?

Heureusement, on trouve de plus en plus de renseignements sur la MCP. Santé Canada a mis sur pied la Direction des produits de santé naturels pour contrôler ces produits, y compris ceux de l’homéopathie. Le Réseau canadien de la santé est une excellente source d’informations et de liens Web sur la MCP. Cette ressource en ligne permet de recueillir des renseignements de l’Agence de santé publique du Canada, de Santé Canada, des organismes sans but lucratif des provinces, des territoires ou du pays, de même que des hôpitaux, des bibliothèques et des organismes communautaires. Vous trouverez des ressources et des liens ci-dessous.

» Des ressources à votre intention

» Pourquoi les études cliniques contrôlées sont-elles si importantes?

Les études cliniques bien conçues s’avèrent le meilleur moyen de s’assurer de l’innocuité et de l’efficacité d’un traitement. Voici pourquoi :

  • étant donné la variabilité de l’évolution de la SP et le fait que les symptômes vont et viennent de manière imprévisible, le seul moyen de savoir si un traitement est efficace consiste à en étudier les effets sur un grand nombre de personnes;

  • étant donné que la plupart des gens — quelque soit leur maladie — répondent positivement à n’importe quel nouveau traitement (même s’il s’agit d’un placebo ou substance inactive), l’efficacité d’un nouveau traitement ne peut être prouvée qu’en comparant celui-ci à un placebo ou à un autre traitement qui s’est déjà montré efficace;

  • étant donné que tout traitement comporte des risques d’effets secondaires prévus ou imprévus, le seul moyen de s’assurer de l’innocuité d’un médicament est d’en observer les effets chez de nombreuses personnes durant une période suffisamment longue.

» Lignes directrices recommandées

Les personnes qui envisagent de recourir à une MCP devraient se poser les questions suivantes.

  • Qu’implique le traitement?
  • Comment et pourquoi cela fonctionne-t-il?
  • Quel est son efficacité?
  • Quels sont les risques?
  • Quels sont les coûts?

Les réponses à ces questions peuvent permettre aux personnes qui envisagent de recourir à une MCP de voir si les bienfaits du traitement justifient les risques auxquels elles s'exposent. Pour celles qui décident de recourir à une MCP, voici quelques recommandations pleines de bon sens :

  • Informez votre médecin de tous les produits que vous prenez. Cacher ce renseignement à votre médecin équivaut à lui demander de vous traiter les yeux fermés, alors que s’il sait ce que vous prenez, il pourra vous renseigner sur les effets secondaires possibles du produit en question et sur toute interaction médicamenteuse possible.

  • N'arrêtez pas votre traitement médical. Les médicaments prescrits par votre médecin ont été évalués dans le cadre d’essais cliniques contrôlés ou reconnus comme sûrs et efficaces par les spécialistes en SP. Donc, continuez à prendre vos médicaments, même si vous décidez d’ajouter un produit de MCP à votre plan de traitement.

  • Documentez votre expérience. Notez tout ce que vous prenez, les techniques auxquelles vous avez recours et les changements observés. Utilisez ce formulaire (pdf) pour lister les médicaments d’ordonnance, les médicaments en vente libre et les vitamines, les produits de phytothérapie et les suppléments alimentaires que vous prenez.

» Pensez aux approches complémentaires suivantes pour demeurer dans un bon état de santé physique et émotionnelle

  • Alimentation et régime — Bien que de nombreux régimes aient été proposés pour guérir ou maîtriser la SP, aucun ne s’est révélé capable de modifier l’évolution de la SP. Les spécialistes en SP vous conseillent de suivre les mêmes recommandations que pour la population en général, soit d’adopter un régime faible en gras et à teneur élevée en fibres. Par ailleurs, les personnes atteintes de SP se demandent parfois si elles doivent prendre des suppléments vitaminiques ou alimentaires. Aucun supplément vitaminique ou alimentaire n’a changé quoi que ce soit à la SP, sauf peut-être la vitamine D, qui fait actuellement l’objet d’études en raison de sa capacité potentielle à réduire le risque de développer la SP, en premier lieu. Par ailleurs, on conseille d’éviter les suppléments alimentaires soi-disant stimulateurs du système immunitaire, qui pourraient poser un problème dans la SP, vu que cette maladie lance par erreur une attaque immunitaire contre la myéline du système nerveux central.

    Comme nous l’avons mentionné, la vitamine D – produite sous l’action du soleil, contenue dans le lait et les poissons, comme le saumon et le thon, ou prise sous forme de comprimés – joue peut être un rôle préventif dans la SP. À l’heure actuelle, nombre de médecins croient que les personnes atteintes de SP pourraient bénéficier d’un apport quotidien de 1 000 UI à 2 000 UI de cette vitamine, parce que certaines d’entre elles peuvent présenter une carence en vitamine D. Si vous avez l’intention d’apporter des changements radicaux à votre régime alimentaire ou d’accroître votre apport en vitamines, parlez-en d’abord à votre médecin ou à un nutritionniste. Vous pouvez également obtenir des renseignements pertinents auprès de votre bureau de l’Agence de santé publique ou du ministère de la Santé de votre province. De plus, la Société de la SP a émis une publication intitulée Bien Manger : Guide pour les personnes atteintes de sclérose en plaques, qui explique en quoi consiste un régime alimentaire sain.

  • Exercice — L’exercice procure de nombreux bienfaits aux personnes atteintes de SP. Les exercices aérobiques ont des effets positifs sur la santé en général, mais ils permettent également d’atténuer la fatigue et d’améliorer la fonction vésicale et intestinale, la force musculaire et l’humeur. Les étirements assouplissent les muscles et accroissent la mobilité. Voir à ce sujet la publication Exercices d’assouplissement pour tous. Le physiothérapeute peut vous concocter un programme d’exercice adapté à vos capacités et à vos limitations.

  • Gestion du stress — Le lien entre le stress et l’apparition ou l’aggravation des symptômes de SP est loin d’être évident – et divers types de stress semblent toucher les gens de différentes manières. Mais une personne stressée ne se sent jamais parfaitement bien. Il est donc important d’adopter des méthodes de gestion du stress qui vous conviennent. Consultez à ce sujet la publication intitulée Apprivoiser le stress dans la sclérose en plaques

  • Acuponcture — L’acuponcture est en train de se tailler une place dans la médecine occidentale, par suite des effets bénéfiques qu’elle aurait produits dans le cadre d’études sur différents problèmes de santé.

» Approches complémentaires à éviter

  • Retrait des amalgames dentaires — Il n’existe aucune preuve scientifique d’une relation entre, d’une part, le développement ou l’aggravation de la SP et, d’autre part, le mercure contenu dans les pâtes d’obturation à l’amalgame. Par conséquent, il n’y a pas de raison de faire retirer ses amalgames dentaires. Bien que l’empoisonnement aux métaux lourds, tels le mercure, le plomb ou le manganèse, puisse affecter le système nerveux et provoquer des symptômes comme le tremblement et la faiblesse, son processus de détérioration n’est pas le même que celui de la SP.

  • Traitement par le venin d’abeille — En dépit des allégations de longue date selon lesquelles le venin d’abeille aurait des effets bénéfiques sur les personnes atteintes de SP, une étude clinique aléatoire de 24 semaines n’a pas permis de montrer que cette substance pouvait diminuer l’activité de la maladie, l’incapacité du patient ou sa fatigue, ni qu’elle pouvait améliorer la qualité de vie.

» Que savons-nous sur le cannabis (marijuana)?

À la lumière des études menées jusqu’ici — et sachant que l’utilisation prolongée du cannabis peut comporter des effets secondaires importants et graves — le comité consultatif clinique de la Société canadienne de la SP est d’avis que les données actuelles ne sont pas suffisantes pour recommander l’utilisation de la marijuana ou de l’un de ses dérivés dans le traitement des symptômes de la SP. Mais la recherche se poursuit afin d’évaluer les effets positifs possibles de cette substance ou de l’un de ses dérivés sur la spasticité et la douleur. Dans l’intervalle, Santé Canada, qui réglemente les médicaments pour notre pays, a approuvé l’utilisation d’un médicament dérivé du cannabis, SativexMD (GW Pharmaceuticals), pour traiter la douleur associée à la SP.

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